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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

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179 - Shader -------------------

Publié le 3 Février 2017 par Stéphane Gantelet

Notes sur un projet de script

Notes sur un projet de script

Je cherche un mot qui évoquerait mon humeur. Shader s'impose. Shader c'est l'ombrage en anglais. C'est aussi et surtout une manière de parler à la carte graphique d'un ordinateur pour qu'il affiche plein de jolies choses à l'écran. Alors évidemment je me dit qu'une fois de plus je vais me faire pincer en flagrant délit d'abus de langage car comment être d'humeur carte graphique ? J'ai sûrement envie qu'un truc s'affiche sur le fronton intérieur de ma boîte crânienne. D'ailleurs je le sens monter, venir. Enfin ça fait plusieurs heures que je le sens et pour le moment rien de concret. Et puis ça sera pas forcément joli. A bien y réfléchir c'est pas sûr du tout. Parceque le shader finalement c'est un langage et tant que tu n'est pas" fluent" comme disent les anglais y a des risques que tu te fasses mal comprendre. Si tu croises un anclais à qui tu demandes du feu et que tu parles tellement mal qu'il ne te comprends pas, l'anglais il va te faire une moue, un geste, bref, il va te faire comprendre qu'il ne peut rien pour toi car il ne te comprends pas. Le shader lui il execute quoi qu'il arrive. Le résultat est parfois drôle. Mais toi à force tu mesure l'étendu du chemin qu'il te reste à parcourir pour être "fluent". Je suis contaminé je le vois bien. Mon humeur est celles-ci, bien particulière, précise, elle est shader. Elle est de celle qui ne donne pas un aspect aux choses elle est de celle qui "pourrait" donner un aspect aux choses. Mais ce n'est pas donné, va falloir turbiner sec. Et pour y arriver va falloir fermer sa gueule à cette petite musique de fond qui susure que c'est trop pour toi, que tu y arriveras pas. Ensuite y a la barrière des neurones à escalder. La barrière des neurones c'est comme la barrière de la la langue mais à l'envers et à un niveau d'abstraction supérieur : un coup les neurones sont là et tu piges vite et d'autres fois tu te demandes vraiment où ils sont passées. Parfois ça dure si longtemps tellement tu piges pas que tu devrais être en droit de te demander si finalement ils ont jamais existées. Mais t'en a plus assez de toute façon pour en tirer cette conclusion ce qui évite de plonger trop profond trop vite dans l'abime du doute. Enfin de toute façon même quand ils sont là tu sais pas toujours si ils vont pas se vider d'un coup et perdre ainsi la précieuse infos que tu pensais leurs avoir confié. Pour finir, il te reste la barrière du compilateur à franchir. Et il est pas du genre souple. Le compilateur on m'a expliqué que son job consistait à traduire une langue lisible par un humain en une langue lisible par une machine. C'est finalement la meilleure nouvelle de la journée : c'est bien une langue qui m'est destinée. Je suis donc sensé pouvoir la maîtriser. Bon j'y arrive un peu. J'y prends par moment un plaisir intense. Au fond être d'humeur shader c'est peu être vouloir se faire plaisir mais en connaître les conditions à l'avance et savoir qu'on risque de ne pas toutes les réaliser. Si le shader est l'ombrage c'est donc avoir la lumière et l'ombre sur un même plan. J'ai la faiblesse de trouver ça intéressant !

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