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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

fichier/papier/film

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Publié le 28 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Une figure géométrique revient toujours lorsque je modélise. Et curieusement elle croise souvent mes lectures en ce moment : Il s’agit du polyèdre et de ses formes élargies.





Il en est question dans la biographie que je lis d’Alberto Giacometti où cette forme le hante depuis qu’il l’a vu dans une gravure de Durer. A la mort de son père il réalisera une sculpture à mi chemin entre le cube et le polyèdre qui, pour lui, sera comme le crâne de celui-ci. Et c’est une image forte de la notion de bloc en sculpture. En effet, un bloc contient des formes qu’on aborde, selon sa vision, par la création de plan dans son bloc. Or, un polyèdre est un cube dans lequel on a créé des plans à chaque sommet. De la sorte ce n’est plus un cube mais un bloc qui contient quelque chose duquel on s’approche. En s’arrêtant au polyèdre, Giacometti à déjà fait apparaître cette idée. Et une forme.



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Publié le 24 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Aujourd’hui j’ai plié et assemblé une partie du buste du minotaure en papier. A un moment, la lumière du jour est devenue plus intense. A Sète, lorsque que le soleil arrive il est amplifié par la mer qui agit comme une surface réfléchissante. La tête pleine de nœuds à vouloir raccorder les centaines de polygones triangulaires en papier qui constitue le buste, soudain un clair/obscur saisissant se pose sur cette surface de papier informe. Sur le rythme des polygones le papier à dansé sous mes yeux. J’ai, clic clac, vite fait une image. La lumière est le volume pour mes yeux et mes yeux sont plein de lumière l’espace d’un instant. Expérience sensible de quelque chose que je n’ignore pas : la sculpture est vivante et résonne dans un espace temps qui la fait réagir.


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Publié le 19 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Plusieurs choses se télescopent dans ma tête depuis que je me suis mis à écrire sur ce blog entre journal intime de la genèse de mes sculptures et réflexions orientées volume en général. Il y a des choses que je veux dire et d’autres que je veux montrer. Comment les dires en les montrant ? Et puis, je vois les choses sous cet angle d’attaque qui me tient à cœur et qui à présent doit bien finir par être perceptible dans les articles de ce blog. La pensée de Deleuze irrigue les plis de mon papier. Mais sa pensée n’est pas dirigeable à dessein. Il y a une sorte d’abus et d’appropriation déplacée dans cette affirmation. J’ai le cul entre deux chaises. Entre pensée et pratique. Pourtant une sorte de synthèse exaltée s’opère dans mon esprit dans un crépitement de court circuit ! Il n’y à plus de catégories, de domaine réserve à la pensé où la pratique, mais une conviction sensible pour moi de tester et de sentir de manière pas virtuelle du tout la naissance d’un volume qui me transporte.



 

 

 

 

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Publié le 12 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Quand je suis arrivé à l’atelier hier, je suis tombé sous le charme d’une demoiselle de papier. Delphine, avec qui je partage l’atelier et travail depuis de longues années c’est mis en tête de faire des bustes, comme une pause dans sa production, une parenthèse « pour voir ». Le matériau qu’elle utilise c’est aussi le papier. Mais pas comme moi. Elle, elle l’aime broyer et en pâte. Le résultat est une absence totale de reflets et de brillance qui donne cette extrême douceur du clair/obscur qui circule sur ce visage à la Delatour. J’ai été saisi par l’adéquation entre ce visage au regard clair, limpide et cette lumière qui se dépose sur la peau de la sculpture comme une caresse. La sculpture, en dehors du toucher, ce qui n’est pas rien, existe grâce à  la lumière, au clair /obscure. En soit c’est déjà un sujet de travail pour la sculpture. J’y suis de plus en plus sensible. Ici, la lumière à un poids et une couleur : celle de la peau. Le poids de la peau en somme !


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Publié le 11 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

J’ai rencontré lors d’un salon il y à maintenant plusieurs années un couple qui désirais installer une sculpture dans leur jardin. Il ne s’agissait pas d’une lubie passagère mais d’un projet à deux qui murissait depuis longtemps. Il se trouve aussi qu’à cette époque je faisais une sculpture plutôt figurative et narrative : j’avais un sujet du style « le couple » et je l’illustrais avec un mélange de personnages modelés et de structures géométriques en relation avec ces personnages. Une expression donc très lisible au premier regard. Ils ont tout de suite été séduits mais ne sont pas passé à l’acte. Entre temps j’ai fait ma petite révolution personnelle et abandonné toute figuration pour m’intéressé à la forme uniquement au travers du pliage. Mon évolution les a déstabilisés lorsqu’ils on vu mes pièces les années suivante Pourtant, ce couple m’a contacté à nouveau récemment avec en tête une idée : un minotaure pour leur jardin.

Avec cette pièce j’allais faire le grand écart entre passé et avenir. Mais je ne peux plus revenir en arrière. Alors j’ai abordé ce minotaure, créature mythologique par excellence, avec mes nouveaux outils et en pliage. J’ai d’abord relu l’histoire du minotaure, regardé les reproductions que Picasso notamment en à fait et un élément visuel dominant semblait s’imposer chez le minotaure: les couilles. Mon point de départ serait donc l’absence justement de cette zone : ne pas la mettre c’est un peu ne voir que ça. En tout cas lui donner une présence !

Voici donc les premières images telles que je les ai présentés à mes clients. Il y à aussi une vidéo.
















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Publié le 6 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Réaction au commentaire de Khalil, merci Khalil, que je mets plutôt sur un post. Les maillages qui président à mes sculptures actuellement ne sont pas les sculptures. C'est pour moi assez net même si je trouve des qualités graphiques à cette abstraction absolue. Une fascination pour l'outil dont je découvre tout en l'utilisant est surement inévitable. Je rentre de la fonderie où j'ai fait couler la seconde sculpture conçue grâce au dépliage d'un maillage. Le bronze révèle les variations de la feuille de papier que j'ai plié. C'est "écarts" sur la surface des plans me font l'effet d'une peau. Et de l'effet tout court ! J'ai la sensation, peu être trompeuse, de voir un petit battement de cœur comme le dit si bien Khalil sous la peau de bronze de la sculpture. Pour moi c'est nécessaire de parler de la méthode. Il y a quelque chose de commutatif entre le concept d'approche du volume et le volume. J'ai, dés lors, la possibilité de parler du mode opératoire comme étant déjà « dans » la sculpture. De la même manière que je disais dans le post précédent avoir la sensation d’être dans l’eau. Il y a dans les formes en puissances que contient un outil paramétrique de modélisation un support à l’imaginaire fabuleux. C’est, pour moi, une perception très net. Trop net pour l’ignorer. On est pourtant encore dans une perception très virtuelle des choses. C’est du virtuel avant même qu’aucun volume, même virtuel, ne soit dessiné. Une sorte de « pré-virtuel » en somme. Qui souvent me fait rêver et m’émeut une fois incarné, avec les imperfections d’une peau, en papier puis en bronze.

 


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Publié le 6 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Juliette Mézenc qui parle de son travail de rencontre avec ses anciens élèves vient d'écrire ceci sur son blog "Il s'agit donc de creuser : des tunnels, des grottes où l'on pourra se parler dans un territoire entre-deux ». On aurai pas mieux dit si on avait voulu parler de ce que l'on tente de faire ensemble autour du brise-lame ! Pour nous ce brise-lame c'est une frontière poreuse entre terre et mer, entre eaux profondes et eau "douce". Pour moi c'est aussi une ligne. Donc un pli. Il y a aussi la crête des vagues qui forment une ligne d'inflexion entre le plan montant et le plan descendant, gonflé et dégonflé de la vague. Et puis, à l’image de la vision Deleuzienne du pli qui abrite un autre pli, de vague en vague il y a cette sensation d’entrer au cœur de la mer, d’en percevoir la densité. Depuis le brise-lame, improbable terre artificielle posée entre deux eaux, la nature de la mer est palpable. Le brise-lame, tentative de limite imposée par l’homme à la mer, isole celui qui s’y promène. Bien que sur la terre fendue et érodée du brise-lame, je m’y suis senti sous l’eau, plié dans un recoin de cette « matière liquide » dont les plis se réactualisent en permanence.  Et je voudrais creuser, ou plutôt, plier cette substance pour en faire une sculpture, un dessin, qui serait alors un canal entre Juliette et moi. Je voudrais que ses mots me fassent plier. Alors, je plierais ses mots.

 

 

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Publié le 4 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Depuis quelque temps, vous l'aurez compris, la modélisation est au centre de ma pratique du volume. C’est une expérience assez incroyable et je mesure l'écart qui la sépare de la pratique traditionnelle de la sculpture. En effet, durant 15 ans j'ai travaillé comme fondeur. J'ai acquis ainsi une certaine habitude, c'est le moins qu'on puisse dire, à faire un travail bruyant, poussiéreux et long. La fonderie est une expérience forte. Elle réclame la mobilisation de toutes les forces physique de notre corps. Elle demande aussi de l'adaptabilité et de l'astuce.


Aussi, quand je me suis retrouvé devant mon ordi, j'ai eu la sensation de jouer. Mais ça n'a pas duré. Avec le temps j'avais développé des automatismes et une sorte de sens pratique qui me permettaient de tout faire de manière fluide. Mes gestes étaient devenus très sûrs. Lorsque je manipule mes "maillages" sur mon logiciel, j'ai littéralement la sensation d'avoir deux pieds à la place des mains. La manipulation n’est pas directe. Elle se fait via des outils et des contraintes d'axe. Ce n'est plus un mouvement mais des concepts mathématiques permettant la manipulation. Les développeurs on tellement bien travailler que l’on ne s’en rend pas compte tout de suite : on pousse des curseurs, on clic droit puis gauche, on coche, on décoche, etc… Au début ça parait quasi magique. Mais derrière, à peine masqué, comme en magie, il y a des formules. Toute opération sur le volume est possible mais via ces outils dérivées de formules mathématiques. En fait ce n'est plus de la matière que je manipule mais des maths différentiels. La première fois que j'ai entendu parler de cette notion c'est chez Deleuze dans son livre "le pli" à propos de Leibniz. Je me souviens avoir eu un flash: La modélisation c'est l'expérience directe de cette formulation des interactions entre les divers éléments d'un tout. Tu bouges un point et tous les autres points bougent. Si bien que la formule qui exprime la nouvelle figure géométrique crée ne décrit pas la forme mais les rapports qu’entretiennent entre eux les points de la forme. Bon, et alors ? Mais ca change tout ! Quand tu fais une sculpture en pierre par exemple, tu travailles sur une forme dont tu cherche à fixer les points et les lignes principales. En d’autres termes tu donnes à ces points des coordonnées fixes. Genre le poignet droit de ma sculpture en marbre est à 10 cm de la hanche gauche. Mais dans mon approche virtuelle des choses, tous les points dans l’espace sont à priori valables dans la mesure où les autres points s’adaptent les uns par rapport aux autres. En fait ils ne s’adaptent pas tout seul mais ils le fond si je les paramètres pour que tel soit le cas. J’introduis alors une idée, un désir paramétrique, qui accompagne le mouvement de mes points. Et fatalement, je suis moins accroché à une seule qu’à un ensemble de formes issues d’une manipulation « indirecte ».

 

 J’arrête c’est promis. Pour l’instant. Car cette sensation d’introduire un peu plus au cœur du volume la notion de mouvement et donc de temps me porte.

 

Pour illustrer cette idée voici quelques images d’un projet qui n’a pas vu le jour et que j’ai proposé autour de cette idée de multiples uniques. Il s’agissait, pour une chaîne de télé de faire 100 trophées pour 100 collaborateurs à travers le monde. Je suis donc parti d’une sphère pour aboutir à un cube, symbole appuyé de la télé, en 100 étapes. Ainsi on n’avait pas 100 fois un trophée mais 100 trophées uniques.

 

 

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