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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

fichier/papier/film

23------------------lumière toute !---------------------------------------

Publié le 22 Mai 2009 par Stéphane Gantelet

Je me pose souvent la question du choix du matériau. C’est vrai que le choix du bronze, dans mon cas, est un peu un non choix puisque je suis quasiment tombé dans le creuset quand j’étais petit. Lorsque j’ai complètement changé mon approche de la sculpture pour me concentrer sur le volume je n’ai pas changé de matériau. Pourtant la question est devenue aigüe en utilisant le papier : le résultat en papier est saisissant du point de vue de la circulation du clair/obscur : les zones qui prennent la lumière sont blanches et celles qui la prennent moins possèdent une immense variation de gris. Rien ne perturbe cette lecture de blanc à noir. Mais le papier pose des problèmes de conservation. J’ai quelques pistes pour arriver à le pérenniser. Aujourd’hui en regardant les images faites par Ernest Puerta de deux pièces que je cisèle à l’atelier non terminées et surtout pas encore patinées, je sais que le bronze possède une manière bien à lui, complexe et éclatante de restituer le clair/obscur. En fait, par le jeu de la lumière qu’il fait rebondir en de multiples réflexions et réfractions, par sa capacité à distribuer les reflets spéculaires les plus intenses en préservant la lumière ambiante, le bronze propose une lecture du volume originale qui nous met sur la voie : il propose une interprétation du volume. Reste pour l’œil, à condition que ce soit le bon, à voir les lignes et les plans que la lumière dessine pour les combiner à nouveau dans une vision toute personnelle. Cette double originalité habite le fond de la rétine de manière sensible et laisse une trace forte et durable. Le travail de photographe accompli sur les images du diaporama en est, à mon sens, une illustration évidente.







Photos Ernest Puerta
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22----------------chemin faisant-----------------------------------------

Publié le 14 Mai 2009 par Stéphane Gantelet

Retour de fonderie.

 

J’ai récupéré plusieurs pièces dont la Graine montrée en images de synthèse sur ce blog.

 

Je voudrais vous parler d’un site sur lequel j’ai passé beaucoup de temps dernièrement c’est : incident.net, j’ai surfé d’un contenu à l’autre. J’ai tout de suite été intéressé et séduit par la forme et le contenu du site. Il est bourré de propositions inattendues autour des nouveaux médias. Il propose un regard décalé sur nos machines et protocoles de communication. En plus j’y ai vu une installation de Julie Morel qui m’est revenue dans la figure comme un boomerang : le projet s’appelle iceberg et le résultat de ce projet est une forme en Low poly composé de triangles, ce qui est la manière dont je traite mes volumes depuis quelques années.

 

A un moment sur la vidéo de présentation de la forme, la partie visible de l’iceberg en fait, est posée sur une rivière et dérive ! Un petit instant de magie visuelle. Puis, plus tard et plus loin dans  ma visite du site je suis tombé sur un texte intéressant et radical écrit dans les années 70 qui dit, très schématiquement, que la peinture et la sculpture sont mortes. Les vraies surprises ne peuvent plus êtres du côté de ces pratiques mais dans des expériences proposées par des artistes contemporains dans leurs installations où dispositifs.

 

 J’ai souvent entendu ce genre de propos mais là, à cet instant, et dit de la manière dont la chose est annoncée (je n’arrive plus à remettre la main sur ce maudit texte que je voulais mettre en lien pour ceux que ça intéresserait), cette affirmation m’a touché. Et si c’était vrai ? J’ai pris la route de la fonderie cette question en tête. J’avais dû faire le matin même une grosse gymnastique bancaire pour financer tout le bidule qui rendait la question plus douloureuse encore. J’ai récupéré les pièces, parlé un bon moment avec le fondeur, un gars sympa, et en jetant quasiment les pièces dans le coffre de la voiture alors qu’on parlait technique de coulée, trois faces de la peau de la Graine m’ont accroché l’œil. Avec le soleil chaque face avait une valeur bien définie de clair obscur. Chacune s’est mise à habiter l’espace de mon regard avec précision et nervosité. L’une blanche, l’autre noire et la troisième grise. J’ai été saisi. Je n’entendais plus ce que le fondeur disait. Je l’ai même coupé je crois pour lui montrer les faces. C’est sorti tout seul : tu vois là avec le soleil ce qui se passe ? C’est mon sujet et mon objet. Moi ça me suffit. Depuis je pense toujours à cette question mais je l’envisage de manière plus ouverte. Car si une organisation de seulement trois faces produit un saisissement malgré le minimalisme du dispositif, je me dis qu’une organisation cérébrale qui produit un texte argumenté puissant ne saurait contenir aussi ce presque rien.

 

From graine

La graine brut de fonderie
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21--------------------------------------making of-------------------------

Publié le 8 Mai 2009 par Stéphane Gantelet

Cette vidéo sur laquelle je viens de remettre la main en fouillant dans mon dossier « mémorial » donne une piste visuelle de la méthode de travail que j’utilise souvent pour lancer une nouvelle idée. En modelage en terre par exemple il est très courant de prendre un bloc de terre, de lui donner des coups ou de l’épanneler au couteau en une forme géométrique simple, histoire de voir si ce qui apparaît fait surgir une idée où un désir. C’est un moyen courant de se mettre face à une page blanche, sans idées, et d’en trouver au hasard des accidents. Sur mon ordi et dans l’espace virtuel de mon logiciel, c’est un peu pareil sauf que ce n’est pas une page blanche mais un espace vide. Complètement vide : pas de matière, pas d’air, pas de sensation, pas même une petite référence culturelle liée à l’environnement de la page blanche, bref le désert le plus aride. Pourtant, la contre-nature est bien faite. En effet, je peux compter dans cet espace désespérément vide, sur une panoplie de formes simples paramétrées et paramétrables à l’envi. Alors c’est parti pour des assemblages bizarres, des inclusions, des tesselages et autres mutations. A un moment ce grand remue-ménage de curseurs produit un désir. Quelque chose apparaît. Il n’y a plus qu’à aller le chercher : viens mon petit ! En fait, si je parle de ça c’est que je viens de concevoir en collaboration avec un architecte, Philippe Bousquet de l’agence Novembre (arts déco à Paris), un grand et lourd (6 tonnes) mémorial en acier cor-ten. Lui souhaitait travailler un volume constitué de faces triangulaires. Nous avons travaillé à 4 mains à partir de propositions abordées de la manière que je viens de décrire. Le projet est en cours de réalisation et je publierai des images lorsqu’il sera terminé. La vidéo n’est donc qu’une des propositions de travail non retenues durant l’élaboration du mémorial.

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