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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

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165 - La 4L à pépé ---------------------------------------------------

Publié le 28 Janvier 2015 par Stéphane Gantelet

C'est pas possible. Non vraiment trop de vitesse. Y a que trop vite. Et cette question : a qui profite les chiffres qui s'additionnent lorsque le compteur monte dans les tours? Et cette réponse, enfin la mienne: aux comptables. Enfin ceux qui les font bosser, ceux qui les aiment. Car le compteur est bien en prise directe avec l'accélérateur non? Prenez une bagnole, même un modèle de base, même celle de pépé d'ailleurs, si j’accélère le compteur va bien s'affoler non? Je veux dire ça marche toujours ce machin de cause à effet, non? Et bien ça me gêne. Pourquoi ça me gêne? A la base dans ce raccourci pédale\compteur y a le désir de se déplacer. Et ça marche. Mais si ça marche c'est quand même bien par ce qu'il y a un moteur sous le capot de la 4L a pépé. Et un moteur c'est un trésor de types qui se sont cassé la tête à dessiner la moindre goupille pour qu'elle s'harmonise avec sa voisine dans ce seul but de faire grimper l'aiguille du compteur et que je me déplace sans forcer. Mais ces types qui bossent pour une marques on va quand même pas mettre leur nom sous celui de la marque. Et puis y aurait plus de place pour la couleur sur la carrosserie. Alors ils y sont pas. Ni sur la notice d'ailleurs. Et en fait ils y sont tellement pas qu'ils ont disparus. Ils se sont effacés au profit de "l'expérience utilisateur" de la marque. Un peu comme si en accélérant c'était moi qui fabriquait le moteur sur le moment. Je suis trop fort, c'est sur, mais ça me gêne un peu. Pépé sa 4 L il la couvait du regard, appuyait délicatement sur l'accélérateur de peur de briser quelque chose dans ce minutieux travail d'ingénieur qui harmonise son moteur. Les types avec leur règle a calcul qui avaient goupillés son moteur il les voyaient en regardant sa 4L. J'y pense beaucoup quand j'utilise un de mes logiciels de 3D. Pour calculer une image j'utilise un module dont le nom générique est “moteur de rendu”. Le “moteur de rendu” c'est un peu comme le moteur de la 4L de pépé. Sauf que c'est du code. Un programme ou chaque virgule répond presente pour satisfaire à ma demande. Et dans le code y a des variables mais y a aussi des fonctions. Et une fonction c'est comme un petit moteur qui exécute une action. Et ils sont tellement ingénieux les ingénieurs qu'ils ont trouvé le moyen de mettre des fonctions dans des variables. Normalement une variable c'est juste une carrosserie dans laquelle tu stock un truc. Tu pourrais stocker du jambon dedans ou de la gnôle à pépé. Mais grâce aux fonctions même une simple carrosserie devient un carrosse motorisé. C'est marqué charette dessus mais ça file comme un bolide. Tu comprends vite que tu utilises un moteur, dans moteur, dans un moteur, etc... Je veux pas dire qu'il y a un ingénieur dans un ingénieur dans un autre ingénieur, je voudrais pas les choquer, mais du coup c'est quand même "avec" que je fait les choses. Et je voudrais bien qu'ils existent mieux ces types quand je parle de mon boulot. Pour tout dire j'ai parfois l'impression de faire "dessus" plutôt qu'avec. Y a une différence subtil de position vous voyez? Mais ça arrange pas la marque. Elle, elle veut que je pense que ce n’'est que mon talent qui produit ce que je fait. Elle aime bien me survaloriser la marque. C'est plus payant. Je suis prêt à payer plus pour ça. Et les ingénieux eux ils doivent produire de l'intelligence plus et plus vite car ils ont pas le pouvoir vu qu'ils existent pas. C'est un paradoxe. Mais les gars qui aiment bien les comptables il le connaissent bien ce paradoxe. Ils l'on même créé ce paradoxe car il est efficace. Mon expérience utilisateur est la pédale de la marque qui fait s'affoler le compteur du comptable. Et plus les moteurs s'imbriquent les uns dans les autres dans une architecture ultra perfectionnée plus je pense comme pépé: chapeau les gars et surtout merci pour ce sacré surplus d'intelligence.

MachineOs 16 - projet en image de synthèse - S.Gantelet

MachineOs 16 - projet en image de synthèse - S.Gantelet

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164 - Théorie ---------------------------------------------------------

Publié le 10 Janvier 2015 par Stéphane Gantelet

164 - Théorie ---------------------------------------------------------

Il est possible que le chaos "soit" à l'origine. Et il "l'est" c'est sûr. Mais aussi bien c'est "avec" que la matière et le vivant s'organise. Grâce a un phénomène d'entropie il se pourrait. En se multipliant les structures de particules organisées du vivant et de la matière favoriseraient ce phénomène d'entropie il semblerait. L'entropie étant une notion abstraite permettant de "mesurer" la part de chaos dans les particules, le bordel originel serait bel et bien un socle pour la création. Je retiens donc que, peut-être, selon la théorie du chercheur américain Jérémy England sur l'origine de la vie sur terre, la capacité d'un amas de particules à s'organiser de manière à diffuser l'énergie (l'énergie du soleil captée par une feuille lui permet de réaliser une photosynthèse tout en relâchant l’énergie des ultraviolets de la lumière) est suffisant pour "être". Et le clonage, l’auto-réplication, bref, la multiplication de ces modules de particules organisées (l’homme par exemple ?) entraînerait un équilibre dans l’entropie expliquant sa “résistance” dans la durée à vivre. Impossible pour moi de ne pas faire de raccourcis basée sur cette théorie que j’ai à demi comprise et d’oser un parallèle avec la création artistique. En effet, ce chaos d’idée floues et de désirs au départ d’une création artistique, foyer de toutes les énergies pour s’atteler à une recherche aussi essentiel que dérisoire, trouverais de la sorte un chemin pour “être avec”. Un truc donc qui à l'issu du travail, irrigué par l'énergie du travail, tient debout tout seul, plus ou moins durablement. Mais ce que je retiens surtout c’est que si l’édifice tiens le coup ce n’est pas du fait de sa force mais plutôt du fait de sa capacité à irriguer le monde. Et donc d’une certaine manière à se répliquer. Bien sûr c’est un peu court mais je trouve ça agréable à penser. Symboliquement en tout cas ça me parait assez juste dans la mesure où la confrontation avec une œuvre marquante nous “marque”. C’est à dire qu’elle laisse sa trace, une trace durable dans l’esprit. Partant de là elle est porteuse d'énergie pour l’esprit en question puisqu’elle entraîne questions, sensations ou désirs. Non?

Plus concrètement, il faut être concret parfois, il faut finir un post de manière concrète, je désir finir ce post concrètement, j’ai le plaisir de vous annoncer que le jeu vidéo littéraire (FPS) que nous avons concocté tout les deux avec l’auteur Juliette Mézenc et avec plusieurs classes d’élèves dans le cadre d’une résidence d’écriture au centre des arts d’Enghien est en ligne sur nos sites respectifs et s’appelle ‘Nous sommes tous des presquîles”. Il préfigure un jeu plus vaste que nous préparerons durant les deux années à venir autour du texte de Juliette du “Journal du brise-lames” (lires des extraits sur le site de Juliette). Jouez, c’est gratuit !


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