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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

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Publié le 6 Mars 2009 par Stéphane Gantelet

Juliette Mézenc qui parle de son travail de rencontre avec ses anciens élèves vient d'écrire ceci sur son blog "Il s'agit donc de creuser : des tunnels, des grottes où l'on pourra se parler dans un territoire entre-deux ». On aurai pas mieux dit si on avait voulu parler de ce que l'on tente de faire ensemble autour du brise-lame ! Pour nous ce brise-lame c'est une frontière poreuse entre terre et mer, entre eaux profondes et eau "douce". Pour moi c'est aussi une ligne. Donc un pli. Il y a aussi la crête des vagues qui forment une ligne d'inflexion entre le plan montant et le plan descendant, gonflé et dégonflé de la vague. Et puis, à l’image de la vision Deleuzienne du pli qui abrite un autre pli, de vague en vague il y a cette sensation d’entrer au cœur de la mer, d’en percevoir la densité. Depuis le brise-lame, improbable terre artificielle posée entre deux eaux, la nature de la mer est palpable. Le brise-lame, tentative de limite imposée par l’homme à la mer, isole celui qui s’y promène. Bien que sur la terre fendue et érodée du brise-lame, je m’y suis senti sous l’eau, plié dans un recoin de cette « matière liquide » dont les plis se réactualisent en permanence.  Et je voudrais creuser, ou plutôt, plier cette substance pour en faire une sculpture, un dessin, qui serait alors un canal entre Juliette et moi. Je voudrais que ses mots me fassent plier. Alors, je plierais ses mots.

 

 

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khalil 06/03/2009 17:12

Heureux de te lire à propos des plis comme un lien entre deux êtres. J'avais peur que tu ne nous parles plus que des maillages BFC. Je me demande si en allant vers l’abstraction absolue, on n’enlève pas un peu le côté émotionnel des œuvres d’art. Est-ce que l’art peut continuer à exister si l’on en retire le petit battement de cœur tout en laissant la beauté d’un paysage lunaire ? N’est-ce pas ce qui est arrivée à la poésie ces dernier temps ? Bon sang !, le week-end commence bien…

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