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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

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Publié le 14 Mai 2009 par Stéphane Gantelet

Retour de fonderie.

 

J’ai récupéré plusieurs pièces dont la Graine montrée en images de synthèse sur ce blog.

 

Je voudrais vous parler d’un site sur lequel j’ai passé beaucoup de temps dernièrement c’est : incident.net, j’ai surfé d’un contenu à l’autre. J’ai tout de suite été intéressé et séduit par la forme et le contenu du site. Il est bourré de propositions inattendues autour des nouveaux médias. Il propose un regard décalé sur nos machines et protocoles de communication. En plus j’y ai vu une installation de Julie Morel qui m’est revenue dans la figure comme un boomerang : le projet s’appelle iceberg et le résultat de ce projet est une forme en Low poly composé de triangles, ce qui est la manière dont je traite mes volumes depuis quelques années.

 

A un moment sur la vidéo de présentation de la forme, la partie visible de l’iceberg en fait, est posée sur une rivière et dérive ! Un petit instant de magie visuelle. Puis, plus tard et plus loin dans  ma visite du site je suis tombé sur un texte intéressant et radical écrit dans les années 70 qui dit, très schématiquement, que la peinture et la sculpture sont mortes. Les vraies surprises ne peuvent plus êtres du côté de ces pratiques mais dans des expériences proposées par des artistes contemporains dans leurs installations où dispositifs.

 

 J’ai souvent entendu ce genre de propos mais là, à cet instant, et dit de la manière dont la chose est annoncée (je n’arrive plus à remettre la main sur ce maudit texte que je voulais mettre en lien pour ceux que ça intéresserait), cette affirmation m’a touché. Et si c’était vrai ? J’ai pris la route de la fonderie cette question en tête. J’avais dû faire le matin même une grosse gymnastique bancaire pour financer tout le bidule qui rendait la question plus douloureuse encore. J’ai récupéré les pièces, parlé un bon moment avec le fondeur, un gars sympa, et en jetant quasiment les pièces dans le coffre de la voiture alors qu’on parlait technique de coulée, trois faces de la peau de la Graine m’ont accroché l’œil. Avec le soleil chaque face avait une valeur bien définie de clair obscur. Chacune s’est mise à habiter l’espace de mon regard avec précision et nervosité. L’une blanche, l’autre noire et la troisième grise. J’ai été saisi. Je n’entendais plus ce que le fondeur disait. Je l’ai même coupé je crois pour lui montrer les faces. C’est sorti tout seul : tu vois là avec le soleil ce qui se passe ? C’est mon sujet et mon objet. Moi ça me suffit. Depuis je pense toujours à cette question mais je l’envisage de manière plus ouverte. Car si une organisation de seulement trois faces produit un saisissement malgré le minimalisme du dispositif, je me dis qu’une organisation cérébrale qui produit un texte argumenté puissant ne saurait contenir aussi ce presque rien.

 

From graine

La graine brut de fonderie
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