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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

fichier/papier/film

101- un festival, des festivaux 2éme-------------------------------------

Publié le 17 Juillet 2012 par Stéphane Gantelet

Cette année encore deux festivals au programme de mes expositions d'été.

 La première trouve sa place pour la deuxième année consécutive dans le festival de poésie "Voix Vives" avec la présentation à la chapelle du quartier haut de Sète de ma "Cathédrale de papier". Chapelle, cathédrale, ça devrait fonctionner. 

La seconde, beaucoup plus complète, se tiendra durant le festival "Fiesta Sète" au théâtre de la mer. J'y présenterais mes papiers pliés et pour la première fois une série de sculptures miniatures issus de mes recherches actuelles autour de l'espace virtuel imprimées par prototypage (impression 3D). Ce projet connu initialement sous le titre de "point limite" et soutenu par la région Languedoc Roussillon est présenté sous l'appellation générique de "Heavy made" (suivre le lien vers le post précédent pour plus de détails). 

Pour mener à bien ce projet et réaliser mes papiers pliés j'ai recours à toute une panoplie de logiciels de la gamme Autodesk (Autocad, 3ds max, Alias design, Mudbox etc...) qui coûtent cher. La région Languedoc Roussillon est un partenaire précieux qui rend l'achat des licences informatiques possible. Je profite donc de l'espace de ce blog pour remercier chaleureusement toute l'équipe du département culture de la région pour son aide qui me permet dés cet été de présenter au public un volet réalisé du projet "Heavy made".

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Publié le 9 Juillet 2012 par Stéphane Gantelet

heavy made

 

J'ai lu le livre de Catherine Millet sur l'art contemporain. Elle dresse un panorama  passionnant, faisant référence à quantité d’œuvres rencontrées au cours de sa longue expérience de journaliste et de chroniqueuse du monde très pointu et un rien élitiste de l'art contemporain (magazine Artpress) . Et puis vers la fin de l'ouvrage est fait une petite allusion, presque rien, mais j'ai bien lu, à l'art de Duchamp pour la formule qui fait mouche et continue de faire oeuvre dans les propositions actuelles des artistes. Et elle ose cette critique, ébranlant la statue pour tirer notre regard au-delà de la fascination qu'il exerce toujours, en mettant l'accent sur les contradictions de son oeuvre bien plus significatives à son sens que ces petites phrases "péremptoires". Cette critique m'a fait l'effet d'un électrochoc, une concentration d'énergie suffisamment puissante pour agglomérer tout à la fois des pensées éparses, des sensations sans mots et des frustrations éprouvées dans ma pratique.

 

Mes travaux récents m'ont porté vers des horizons toujours plus numériques donc liés à une certaine technologie. Quant on pense machine on pense facile car justement machine. En fait tout dépend de ce que l'on fait et de ce que l'on veut. Moi ce que je veux c'est créer des formes que l'on ne pourra pas faire autrement. A la main, impossible. Ça m'amène donc à réfléchir sur la nature des outils que j'utilise. Pour la modélisation sur ordinateur, il existe deux grandes familles d'outils qui permettent des choses très différentes. Ainsi, la modélisation NURBS permet d'obtenir des formes très fluides alors que la modélisation polygonale permet de faire des choses très structurées et construites. Partant de là, j'ai associé les NURBS aux formes organiques et les polygones à la mécanique et à l'architecture. En utilisant plusieurs environnements logiciel dédiés à chaque pratique sur lesquels je me suis formé, je combine des volumes avec l'idée de créer une sculpture hybride originale. La complexité de surface du volume que j'obtiens ne peut plus être réalisée à la main. La machine alors vole à mon secours grâce au prototypage (impression 3D). Ce n'est pas la machine pourtant qui fait le boulot à ma place.

 

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En discutant de tout cela avec Juliette j'ai tenté d'éclaircir mon point de vue en disant que la forme conçue et réalisée de cette manière est une forme réalisée deux fois. Elle est faite, puis seulement alors elle est faite à nouveau. Car pour passer du faire au faire il faut additionner d'innombrables heures à corriger toutes les erreurs du maillage pour que la peau du volume soit une seule et même nappe constituée d'un réseau dense, fluide et connecté de mailles. Cette étape est l'équivalent des soudures et autres interventions que la matière requiert quand on la met en forme. C'est aussi à ce moment-là qu'on teste les limites ou les nouvelles ouvertures de ses idées dans une dialectique permanente entre vouloir et pouvoir. Partant de là le volume porte virtuellement sa réalisation au coeur du fichier. Mais il sera réellement là, physiquement je veux dire, après avoir été interprété par la machine à prototyper. Alors, dans mon esprit agité, par association d'idées, après avoir subi la surtension dont je parlais à propos de la lecture du livre de Catherine Millet, j'ai eu envie de baptiser cette série de sculptures hybrides par une référence inverse à Duchamp en leur donnant le nom de "heavy made" soit littéralement "lourd fait".

 

 

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Le geste de Duchamp avec son urinoir par exemple consistait à utiliser un objet réalisé de manière industrielle avec une fonction précise et de le porter dans un musée. De manière identique on peut dire que mes sculptures naissent dans l'espace physique par un procédé industriel et grâce à la technologie. Il leur manque par contre cette dimension de fonctions précises puisqu'elles sont la traduction de mes désirs formels et n'ont pas de fonction précise. Ce que je veux dire au fond c'est que la collusion machine/sculpture peut être une association de bienfaisance. Un espace concret et ouvert, passionnant, pour mener des recherches plastiques et créer des formes originales. Le processus industriel alors à l'œuvre est tout sauf un processus industriel au sens classique du terme puisqu'il permet d'imprimer une forme unique. Il est le prolongement, le faire, la traduction de la pensée concrète que j'ai logé au coeur du fichier. J'ai un burin à double embout. Un burin à mémoire. Ce que je fais, il le fait. A travers le titre de "heavy made" c'est un peu cette nécessité de repenser le rapport traditionnel de l'art à la machine que j'aimerais suggérer.

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