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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

fichier/papier/film

20--------------------------------------------cire etc..........................

Publié le 29 Avril 2009 par Stéphane Gantelet

La notion de composition en sculpture pose parfois des questions auxquelles il est difficile de répondre dans l’instant. J’avais parlé et montré dans un article sur ce même blog un minotaure pour lequel j’ai reçu une commande. Il sera réalisé en bronze (cire/perdue) et de belle taille puisqu’il fera un peu plus d’un mètre soixante. A cette échelle je n’avais pas d’autre choix que de le travailler par élément à assembler. Pourtant j’avais déjà une vision précise, quoique virtuelle, de l’ensemble comme l’atteste les nombreuses images de synthèse ainsi le que le film qui accompagne le post en question. En fait le passage par la main du volume implique un changement d’échelle de temps qui modifie la vision. En effet, en travaillant le minotaure par « tranches » en papier puis en cire, le temps s’allonge. Je ne suis plus dans un état de réflexion visuel interactif avec mon outil (le logiciel de modélisation) où j’interviens sur le volume de la sculpture en réaction avec ce que je voie à l’écran. Il y à une sorte d’action/réaction quasi instantanée et interactive : si je bouge une face de mon volume, le reste du volume s’adapte à ce changement. Je fais, sans jamais rien calculer, des mathématiques différentielles dont la puissance est au service du logiciel. Le temps d’adaptation du volume existe si peu dans cette logique de travail que ce n’est pas sans conséquences sur ma propre adaptation au volume! Par contre le passage à la réalité physique du travail du papier et surtout de la cire implique de longues heures de mise en forme. L’état psychologique de travail est plus proche de la lente maturation et laisse le temps à l’introspection. Ce qui c’est passé sur le minotaure c’est que finalement je me suis mis à vivre chaque volume comme une sculpture à part entière en oubliant que l’assemblage des pièces donnerai forme à un sujet : le minotaure. Aussi, la phase de montage des morceaux de sculpture m’ont mis en face d’une nouvelle sculpture faite d’assemblages de divers moments. Après une semaine de ce travail je retrouve la vision qui m’avais poussé à développer ce projet et c’est comme si je retrouvais l’usage des articulations. Je me lève et je marche. C’est bon comme sensation !

 

Les images qui suivent illustrent ce propos présentent le papier et la cire à divers stade du processus de fabrication. Si les images sont belles, ce n’est pas pour rien : elles sont l’œuvre d’Ernest Puerta, photographe doté d’un oeil.



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19-------------------------la graine (et le mulet)----------------------

Publié le 24 Avril 2009 par Stéphane Gantelet

L'année dernière, lors d'un salon à Genève, j'ai été très intéressé par le travail d'une bijoutière hors norme ( Sara Bran) qui travail sur les archétypes de graines. Le résultat était une collection complète de membranes d'or où d'argent ajourées de motifs très fins ciselés sur la surface de ce qui ressemblait à une graine. La plupart se portent en pendentifs et j'ai tout de suite pensé qu'en arborant cette graine dans le creux de la naissance du cou c'est un peu la matrice de notre nature que l'on affiche: un tout petit creuset, fragile et ouvert dont le produit est une mécanique humaine complexe et sensible.

Pour une prochaine expo en Angleterre en juin j’ai fait une forme à partir d’une géosphère. En faisant évoluer ma sphère je me suis rapidement trouvé avec ça (photo). Je me dis alors que les graines n’en finissent pas de germer ! "Je n'invente pas, je plie et déplie origami le matériau qui se présente" est une phrase que j'aime beaucoup que j'ai emprunté à Juliette Mezenc. C'est un peu comme si le noyau dur de cette idée germe pour construire une fragile membrane de papier déplié. Au fait, le mulet c'est moi dans l'histoire.



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Publié le 21 Avril 2009 par Stéphane Gantelet

Le projet brise-lame, nom de code BL, est lancé. Juliette à présenté sur son blog Ernest pour la photo et Thl pour le son. De mon côté je réfléchi à une manière d’aborder le BL pour que ça présence en « fond de cortex » influence les formes de mes volumes. Une manière pour moi de s’imbiber depuis quelques années déjà est de regarder les images des autres, d’un autre surtout, et d’en produire d’un point vue plus imaginaire avec le soutient de l’imagerie de synthèse. Au brise-lame il y a deux univers séparés par un mur : le côté ville et le côté mer. Du côté mer, les ingénieurs ont empilés de gros blocs de bétons pour casser les vagues et donc protéger le brise-lame. Puis des tagueurs sont venus et les blocs se sont usés. Ainsi les blocs, tous de même nature, possèdent des particularismes que le temps et les tags accentue. Et puis ce sont des cubes, des formes géométriques simples et neutres dont personne n’admet la simple fonction de brise vague : le tagueur la colore et la mer l’érode. D’ailleurs même le type qui à coulé le béton a gravé la date du jour et ses initiales dans le béton frais ! Alors je peux bien, à mon tour, m’en emparer et lui faire subir une dématérialisation…

From brise lame images de synthèse
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Publié le 7 Avril 2009 par Stéphane Gantelet

J’aime particulièrement dans la pratique quotidienne de la sculpture la manière dont les volumes vous bousculent. En fait ils percutent mes idées sans façons, tien prends ça dans les dents, pour parfois m’amener là où je résiste à aller. J’ai un exemple de ce que je dis : j’ai rencontré il y a quelques temps les copropriétaires d’une citée qui veulent donner du lustre à leur environnement en installant une sculpture. Il se trouve que la cité avait une chaufferie autonome surmontée d’une cheminée de 40 mètre de haut. L’osque je l’ai vu j’ai compris que j’avais trouvé mon socle.




Puis, je me suis mis à réfléchir à la forme et donc au contexte du projet. Comme toujours dans ces cas là, les idées qui se bousculent ne sont pas nombreuses et rarement mirobolantes. J’ai même pensé un moment en voyant cette longue cheminée qu’on dirait une allumette ! Aussi, pour prendre un peu d’altitude, s’agit quand même de pondre un truc qui marque l’histoire de l’art et les générations futures, j’ai décidé que la cheminée n’était pas un socle mais une sculpture à part entière et qu’il fallait l’investir dans sa totalité. J’ai donc imaginé un enchevêtrement vrillé de chaines de montagnes verticales au lieu d’horizontales dont voici une image.



Une bonne nuit de sommeil sur cette fabuleuse idée et un constat au réveil : voici un projet compliqué, hors de prix et pas du tout original. Bref, le contraire de ce qu’il prétend être. Et puis tout à coup une étincelle capte mon œil en regardant les images de la chaufferie. On dirait qu’elle va fumer, que l’allumette va prendre feu. J’ai envie de rire. L’alumette s’impose définitivement lorsque je comprends que par la forme que je donne à la tête de l’alumette, je peux créer des jeux de lumières qui donnent l’impression qu’elle scintille, qu’elle est vivante et qu’elle va s’embrasée. La nuit, un réseau de diodes clignotantes se chargerait de l’effet de scintillement et un fumigène les jours de fête ferait fumer l’allumette tout en évoquant le passé de cette monumentale construction. Le tout en aluminium anodisé pour la légèreté et ajouré pour la ligne et éviter la prise au vent et j’ai la forme idéale à mes yeux : une cheminée qui fait partie intégrante de la forme et qui avec presque rien devient autre chose en évoquant ce quelle fût ! Le plus troublant dans cette histoire ce n’est pas que l’idée soit bonne mais qu’elle le soit devenu à mes yeux par la force d’une géométrie simple et évidente : un tube.

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Publié le 2 Avril 2009 par Stéphane Gantelet

J’ai vu hier l’exposition itinérante consacré à Louis Braille et sa géniale invention. J’y ai retrouvé quelqu’un que j’apprécie tout particulièrement et non-voyant en charge de l’expo sur Montpellier. J’ai déjà parlé et montré dans un post précédent les trophées en cire que je prépare pour le comite en charge de la commémoration du bicentenaire de Louis Braille. J’en ai profité pour approfondir l’expérience du touché dont j’ai mesuré les implications au cour de cette réalisation. Lorsque je parle de la sculpture et de la mienne en particulier sur des salons où lors de vernissages, j’en reviens toujours à parler du clair/obscur. Même si le toucher compte pour sentir un volume, j’ai tendance à tout ramener à une histoire de lumière donc à l’œil. Lors de la réalisation du projet j’ai du aller plus loin puisqu’il s’agissait de conduire le doigt sur la surface de la sculpture et lui faire éprouver en même temps un volume. J’ai donc fait une sorte de doigt composé d’arrêtes connectées entre elles qui délimitent des volumes triangulaires. Petit à petit ces volumes remontent le long des arêtes pour les dépasser. Puis le doigt s’ouvre en quatre parties pour découvrir en son sein une cinquième élément circulaire sur lequel est gravé en relief l’alphabet Braille. C’est une sorte de matrice enfui au cœur du doigt. Le code pour lire les mots, les notes et les symboles. Je me suis donc mis à toucher les points des caractères Braille pour vérifier ma gravure. Je ne sais pas si cela est lié au fait que je touchais une lettre précise, que je connais bien, mais à un moment, ce fût très net, j’ai vraiment eu la sensation de voir avec mes doigts. Comment dire ? Je n’avais plus seulement la sensation de sentir quelque chose avec mon doigt mais bien de voir quelque chose de défini, de précis. Le toucher, comme manière de sentir, est devenu une manière de connaître où le seul toucher suffit. Pas envie d’ouvrir les yeux, pas besoin. C’est un peu comme si le fait de pouvoir lire sur le bout des doigts m’ouvrait les yeux.

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