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blog du sculpteur Stéphane Gantelet

fichier/papier/film/bijou/acier

Souiller fort -------------------------------------------------------------

Publié le 30 Juillet 2016 par Stéphane Gantelet

bois / modèlisation et impression 3D S.Gantelet - photo Solal

bois / modèlisation et impression 3D S.Gantelet - photo Solal

Sortie d'usine. Ou comment et pourquoi je me retrouve à rien faire. Ou plutôt pourquoi c'est si bon. Et même pas d'ailleurs. Comme j'ai le cerveau déconnecté je me débarrasse de la dimension explicative de la phrase. Sinon c'est comme si j'étais plus en vacances. T'as plus cette sensation de vacances. Les bouts de code, la logique informatique occupent l'espace mental sous mon crâne. Et c'est une sensation physique continue pour ma tête. Les connexions de mon cerveau sont saturées. La nuit parfois une procédure sur laquelle j'ai buté dans la journée colonise mes rêves, me tire hors du sommeil toutes les heures. Et ça s'arrête jamais vraiment. Mais, là, la touche stop est enfoncée. C'est clair. Le bordel est pas sur pause. Il est vraiment sur stop. Alors je fais gaffe de ne pas de pas le remettre en route. J'en suis capable. Il y a eu cette lecture publique à Paris avec Juliette. Je me baladais dans le jeu vidéo en passant par trois niveaux du jeu. Fallait que ça marche. A l'écran fallait que l'action soit fluide. Et puis le bug c'est pas du jeu dans ce contexte. C'est pas une option. A un moment t'as bien tout organisé et c'est bon, tu peux faire un "build", un ensemble autonome de fichiers qui te permet de lancer le jeu. À partir de là le build peut voyager, quitter ta machine maître pour s'exporter sur d'autres machines. Il est multipliable, exportable. Le build c'est la quille pour ton cerveau. En quittant ta machine maître il échappe un peu à ta responsabilité. Le jeu est devenu majeur en un sens. Alors j'en profite pour lui échapper à mon tour complètement. J'allume même plus l'ordinateur. Le soleil et la mer à la place. L'air ce matin à la terrasse du café est entré dans mon crâne. Il se ballade en tout manque de respect et d'intimité d'autrui. Et autrui c'est moi. Alors c'est bien. Mais je pense. C'est naturel de penser pour l'homme il paraît. Même en vacances. Je pense aux sculptures, aux os en 3D que je fabrique. Le procédé de fabrication est trop parfait, il ne rend pas compte de l'aspect bricolage de la conception. Alors Il me prend soudain l'envie d'enterrer mes os et d'aller pisser dessus quotidiennement. De les salir, de leur ajouter une couche de vie. Les souiller pour les rendre vivants. Penser la tête ailleurs, penser sans la tête, c'est travailler fort pour les idées je pense.

bois / modèlisation et impression 3D S.Gantelet - photo Solal

bois / modèlisation et impression 3D S.Gantelet - photo Solal

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177 - Oraison funèbre -----------------------------------------------

Publié le 13 Mars 2016 par Stéphane Gantelet

177 - Oraison funèbre -----------------------------------------------

Un événement s'est produit. Un événement matériel. Un événement qui ne concerne pas à priori mon intégrité mentale ou mon intégrité psychologique. C'est pas un événement sensé modifier ma manière de parler, d’écrire ou de vivre. Ça ne le fait pas vraiment d'ailleurs. Il n’y aurai pas besoin d'en parler. Mais j'ai envie de le faire. Ce qui c'est passé c'est que les deux cartes graphiques qui avaient coutume de travailler ensemble en feux croisé (crossfire en version originale) se sont éteintes à jamais. Pas de quoi écrire une oraison funèbre. Alors j'ai cherché à en commander d'autres. Mais le seul endroit où on en trouve encore du fait de l'âge canonique de ma machine ( 4 ans et demi ) c'est à Shenzhen en Chine. Sauf que le jour ou mes cartes graphiques rendent l'âme alors que je tente de contacter le vendeur, j'apprends par un bandeau sur ebay que le nouvel an Chinois démarre ce jour et qu'en conséquence le magasin est fermé durant les fêtes. Cette intrusion inattendu dans une transaction commercial d'une culture dont j'ignore à peu près tout a modifié l'orbite de ma pensée. Alors, quand j'ai récupéré ma machine un mois plus tard, j'ai récupéré aussi mes vielles cartes éteintes à jamais. Je les regarde. Je les regarde et avant de les jeter pour de bon je me dis que je vais leurs offrir un post sur mon blog. Puisque ce blog est une porte entrouverte sur l'atelier et que mes cartes ont planchées nuit et jour sur à peu près tous mes projets depuis 4 ans elles sont un peu comme l'enclume du maréchal-ferrant. L'incidence de ma pensée déviée par le nouvel an chinois m'a fait réaliser que j'ai un brin de tendresse pour elles. Et puis regardez de plus près sur l'image cette architecture délirante de précision, ce microcosme peuplé comme un New York miniaturisé organisé autour de Central Park. Quand on utilise des ressources numériques plus que dans aucun autre domaine on a clairement le sentiment de faire les choses "avec". C'est avec les ingénieurs et la science appliquée qu'on fait les choses. Alors même si tout ces gens sont eux aussi bien rangés et organisés derrière le logo de la marque qui les emplois, même si aucune tête ne dépasse, chaque composant microscopique de mes cartes graphiques me font l'effet d'êtrent un peu plus qu'un bout de silicium. C'est du sentimentalisme mal placé mais je ne vais pas vous mentir, ça se passe comme ça derrière la porte entrouverte de l'atelier. Alors salut les filles et merci.

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176 - Ecrire plutôt que coder -------------------------------------

Publié le 12 Janvier 2016 par Stéphane Gantelet

" NidOs 1" brindilles, résine, bois. Pièce unique.

" NidOs 1" brindilles, résine, bois. Pièce unique.

2 ans que je code tout les jours pour un projet de jeu vidéo littéraire. De l'écrit ? On en discute une autre fois si vous voulez bien car j'ai trop besoin d'écrire. J'ai répondu à la question on dirait...

“What ? No, one café and two cakes “

“Franchement j'ai bien aimé Soulages”

“Este edificio a la derecha es el Panthéon”

D’ici je les entends bien. Quand je dis que je les entends bien je veux surtout dire que je les entends plus. Leurs commentaires sont incessants. Ils se relaient de 9h à 19h mais ma position est confortable. Leur langue n'est pas forcément la mienne mais. Ma langue à moi c'est celle des constructeurs, ceux qui m'ont fait, celle de l'architecte d'abord qui n’est pas d'ici de toute manière, celle des maçons, des électriciens, des plombiers, des climatiseurs, des découvreurs, des assistants, des apprentis, des curieux, ma langue à moi elle accumule pas grand-chose, elle est pas à mon image. C'est bien un empilement de savoir, de compétence, une articulation de briques élémentaires coordonnées, reliées, distribuées par des règles, des temps, une orthographe, un truc complexe finalement, mais qui tient debout, qui forme un tout, dessiné et voulu et qui dans le meilleur des cas procède d'une vision, d'un désir. Pour monter jusque là fallait bien tout ça. D’ailleurs ça force le respect, on se prend le bâtiment en pleine poire quand on regarde d'en bas. Les touristes ont la berlue la première fois. J’en vois qui garde la bouche ouverte un bon moment. Leur étonnement dans la durée en dit long sur les questions qu'ils se posent. j'ai pas tout lâché en plaçant ma conscience au dernier étage à côté du resto, pour placer mon regard à 360 degrés au-dessus des toits. Je les observe aussi, en bas, qui me renvoient ma propre image entre usine et musée. J'aime assez ça. Mais si je suis en haut c’est pour ouvrir. Ici je peux. Ici je peux m'ouvrir. Ici je peux échapper. Je ne veux pas partir, c'est pas ça. je suis bien ici. "I climb here every time I'm in Paris". La question n'est pas le lieu. Ni le temps. "On est venu le 13 mars pour le vernissage de l'exposition de Céleste. Le ciel était incroyable. La bouffe était pas terrible mais, franchement, ici c'est secondaire". La question c'est l'espace. Quand il est ouvert de partout il rentre en toi. Ici il me pénètre par les boyaux, les escalators, les cheminées blanche et bleu, les vitres surtout. Et puis tu vois les pigeons voler. Ils se posent sur moi, s'éloigne traçant des splines toujours neuves avant de revenir. Ce double flux, c'est moi, à force. Je veux dire que je ne me limite plus. Je veux leur dire, mais je sens que ce n'est pas nécessaire, que ma langue c'est un peu la leur. Aussi quand ils montent ici je veux leur dire quand même, pour que ce soit clair, qu'il y ait pas d'ambiguïtés entre nous, que ce que je suis, que mes limites ne sont pas ce qu'ils voient. Compression-décompression. "Putain il fait un de ces vent". "It’s freezing cold over there". Ouverture des sas, aération du mortier, les boulons se dilatent un peu et ça fait du bien. C'est ça que j'aime et je suis pas le seul. Regardez ce jeune couple de chinois : ils disent plus rien, juste ils regardent. Tu sens que le temps à cet instant n'a pas de prise sur eux. La question c'est de rendre l'instant éternel, de le faire durer, de tuer le temps en quelque sorte. Ici j'ai appris à manger l'espace, à me nourrir du vertige pour dilater le temps. “Devine où je suis?” ma langue “Hé Françoise viens voir, y a Montmartre" est devenue un courant “délire quel chantier” d'air.

Texte produit durant un atelier d'écriture animé par Juliette Mezenc à l'atelier d'écriture du Lavaudan.

" MachineNid " brindilles, résine. Pièce unique.

" MachineNid " brindilles, résine. Pièce unique.

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175 - Néos ---------------------------------------------------------------

Publié le 17 Novembre 2015 par Stéphane Gantelet

Néos 1 - Clear resin / impression 3D, encre. S.Gantelet 1/8

Néos 1 - Clear resin / impression 3D, encre. S.Gantelet 1/8

Un os de crâne, pas tout à fait en os. Un crâne de quoi d'ailleurs ? Un crâne d'animal pas tout à fait d'un animal. Un os plutôt comme un tissus cellulaire. Presque une peau. Mais pas tout à fait. Dimanche je marchait dans la garrigue. Sous mon pied ces cailloux. Comme des os. Mais des pierres. Les deux ensemble font quelque chose je trouve. Mais quoi ? Une évocation du néolithique mais pas tout à fait. Pas que il me semble.

Néos 1 - Clear resin / impression 3D, encre. S.Gantelet 1/8

Néos 1 - Clear resin / impression 3D, encre. S.Gantelet 1/8

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174 - Tempo et jeu vidéo ------------------------------------------

Publié le 1 Novembre 2015 par Stéphane Gantelet

"HybrideOs" - pièce unique - clear resin / impression 3D  - 15 cm x 7cm x 7cm

"HybrideOs" - pièce unique - clear resin / impression 3D - 15 cm x 7cm x 7cm

Notes sur le jeu vidéo littéraire du "Journal du brise-lames" que nous développons avec Juliette Mézenc.

Ce jeu ne repose pas sur la musique. D'ailleurs pour que ce soit clair il n'y a pas de musique. Y en aura pas. Parce que si tu mets de la musique dans un jeu vidéo tu fait comme pour le cinéma : tu prends les gens par la main et tu les ballade là où tu veux, comme tu veux, quand tu veux. C'est bien au cinéma. C'est même super efficace. Mais si tu veux laisser les clefs au lecteur (ce qui est le cas dans un jeu vidéo) , pas conduire pour lui, même si il est en état d'ivresse et que tu as moyen confiance dans sa capacité à trouver une route qui lui permet d'apprécier ton "monde" dans ce qu'il a d'intéressant, qu'il découvre l'étendue de ce que tu as posé là à son intention, faut pas mettre de musique. Des sons, des bruits, un environnement sonore mais pas de musique composée. La musique embarque son tempo et le déploie dans l'espace. En ce sens elle fait comme le cinéma. Le temps et l'espace sont comme enchâssés en lui. C'est pas le cas dans le jeu vidéo. Non, il vaut mieux dire que ça peu ne pas être le cas. On voudrait pas que ce soit le cas dans le notre. Si une chose est particulière au jeu vidéo c'est bien celle ci il me semble: les images sont calculées et affichées en temps réel en fonction du rythme de déplacement du joueur, de la position qu'il décide d'occuper dans l'espace du plateau de jeu. Dans l'espace de ce qu'on appelle le monde. Il est libre d'aller où et quand il veut. Il choisi d'ailleurs l'heure de début et celle de fin de séance. It's up to you, always. Alors quel tempo pour la musique qui l'accompagne? Une bonne idée pourrait être de développer une fonction mathématique qui réduit ou accélère le tempo en fonction de la vitesse de déplacement du joueur ! Mais la musique c'est bien plus qu'un tempo. Alors, réglons le problème vous voulez bien, soyons radical, pas de musique. Cette question nous l'avons abordée avec Juliette ce midi en la transposant à la littérature. Puisque ce jeu est un FPS littéraire il propose un monde graphique qui, à l'image de la musique, colore l’état d'esprit du jouer/lecteur. Sa lecture aura lieu dans cet espace là créé et d'une certaine manière imposée à lui. Le lecteur va créer son parcours de lecture, il va créer ses propres images en se déplaçant, en se rendant d'une zone de texte à l'autre. Et les images mentales que la lecture suscite chez le lecteur vont s'associer avec les images du jeu dans lequel il évolue. On peut supposer que ce mélange d'images sera raccord et qu'elles le resteront car le cadreur c'est le joueur, c'est vous. Le cadre de ces images vous appartient. Donc le sens de ces images vous appartient. Même si elle vous échappent souvent ces images on tout à voir avec vos geste et vos envies de découverte. Tout à voir avec votre frénésie ou votre torpeur. Le rythme du jeu c'est votre rythme de lecture. Pas de fonctions mathématiques innovantes pour résoudre l'équation. Y a pas d'équation. Parce qu'il il n'y a pas de musique.

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173 - Shandynamite par Shandynamiques -------------------

Publié le 13 Septembre 2015 par Stéphane Gantelet

Il y à cette expo à cerbère dont j'ai adoré la ligne de fuite proposée. C'est pas compliqué à comprendre. Un petit pas de côté. Un léger écart et le champs poétique est là. Un champs dynamiques. Et puis il y eu cette projection durant le vernissage au Rayon vert, un palace dans son jus construit au dessus de la voie ferrée pour dominer la mer. Je parle pas de la soirée sur le port à Port Bou ni de la nuit qui à suivie à l’hôtel de la Vigie.

Il y a à présent, organisé par les mêmes Shandynamiques, cette soirée vidéo en plusieurs temps avec des entractes pour déguster le vin de la région et qui aura lieu justement au Rayon vert.

Avec Juliette Mézenc nous y présenterons plusieurs vidéo poèmes.

On peu dormir au Rayon vert car passer la nuit à Cerbère c'est bien car c'est beau !

Le programme est ici : http://shandynamiques.wix.com/association#!soon/ckiy

Le palace le Rayon vert à Cerbère

Le palace le Rayon vert à Cerbère

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172 - Aubais bis ------------------------------------------------------

Publié le 7 Septembre 2015 par Stéphane Gantelet dans artiste

Alors voilà. Ce sera très bientôt. Dans très pas longtemps du moment que j'écris en ce moment. Enfin vous voyez. Vous voyez ce que je veux dire, comme dirait Pierre Tilman. C'est pas compliqué en fait. Il suffit de me suivre et de lire :

On y sera (où? : ici) avec Juliette Mézenc pour une lecture/manipulation en direct du FPS littéraire "Nous sommes tous des presqu'îles" le soir du vernissage (aussi en téléchargement libre à cette adresse http://gantelet.com/spip.php?page=article&id_article=90). Pour le reste ce sera une grande expo collective dans le château d'Aubais dans le Gard. J'y presenterai pour la première fois un grand "Embranchement" et le jeu sera à la disposition du public durant toute la durée de l'exposition.

 

Carton de l'exposition d'Aubais

Carton de l'exposition d'Aubais

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171 - Embranchements ----------------------------------------------

Publié le 11 Juillet 2015 par Stéphane Gantelet

Embranchement 1
Embranchement 1

Os. Y a un os. Plusieurs en fait. Si y en a plusieurs qui fonctionnent ensemble on a des chances d'avoir un problème. Mais on a surtout mis le doigt sur une structure, un truc articulé avec une chaine de conséquences. Et il faudra bien comprendre comment ce machin s'articule pour résoudre le problème. Je passe un temps fou à programmer un jeu vidéo depuis 2 ans. Quand on programme, j'ai mis un moment à le comprendre, on a que des problèmes. Le rôle du développeur c'est de résoudre des problèmes. Le problème c'est le job à accomplir. Plutôt le job c'est de résoudre le problème. Alors pour donner de la chair à cette situation inévitable et tenter de croire qu'un problème peut générer une forme je me suis mis à inventer des os (modélisation). Et à les imprimer (impression 3D). Mais surtout à les organiser en articulations qui empruntent plus aux modèles d'assemblage de l'industrie que de la nature. Une métaphore pour moi du travail numérique de programmation donc et un besoin d'ouvrir une fenêtre plus poétique dans la rigueur de la programmation pour faire bonne mesure. J'ai du écrire un petit texte pour présenter ce travail à l'occasion d'une expo de groupe en septembre. Le voici avec quelques images.

Brancher une lampe c'est la raccorder au secteur. De fait la lampe est adaptée au secteur auquel on la raccorde. Les deux forment un système cohérent où la présence de l'un conditionne la fonction de l'autre. "Embranchement" est une transposition de cette notion de réseau. "Embranchement" propose de brancher ensemble deux branches d'arbres ou de plantes d'essences différentes grâce à des articulations osseuses inventées et modélisées puis fabriquées par impression 3D. La continuité naturelle de la branche est ainsi rompue et agencée en système articulé dont les éléments sont différents bien que de même nature. En faisant une référence directe à la structure osseuse du corps et en ayant recours à des technologies high-tech, cette hybridation questionne les manipulations sur le vivant et en particulier la capacité de la nature à adapter elle-même ses systèmes, pratiquer ses propres transformations, afin de perdurer.

Embranchement 2
Embranchement 2

Embranchement 2

Puce embranchée

Puce embranchée

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170 - La fenêtre -------------------------------------------------------

Publié le 8 Juin 2015 par Stéphane Gantelet

Barre de progression Unity
Barre de progression Unity
Pour le moment j'en suis là (cf image). Mais vendredi soir, j'ai bon espoir, la barre de progression sera à 100 %.

LA GRANDE TRAVERSÉE – ESCALE SUPPLÉMENTAIRE

ELLES EN CHAMBRE /

NOUS SOMMES TOUS DES PRESQU'ÎLES

lectures augmentées

Vendredi 12 juin 2015, 19H30, à La Fenêtre (27, rue Frédéric Peyson, Montpellier)

texte et lecture: Juliette Mézenc

espaces numériques: Stéphane Gantelet

Lectures augmentées qui remettent en jeu deux textes, écrits par Juliette Mézenc, dans des espaces numériques conçus par Stéphane Gantelet, en étroite collaboration avec l'auteur.

La première proposition, Elles en chambre, s'appuie sur un extrait du livre éponyme paru récemment aux Éditions de l'Attente. Le texte lu par l'auteur propose une réflexion sur la « chambre » d'écriture, en particulier les lieux de travail investis par l'écrivain Sylvia Plath. Dans le même temps, Stéphane Gantelet ouvre son propre espace de travail et fabrique en direct, au travers d'un chemin logiciel, un espace 3D navigable. Cet espace devient une sorte de pendant numérique de la chambre d'écriture et questionne ainsi en retour les conditions de création.

La seconde proposition s'appuie sur le jeu vidéo Nous sommes tous des presqu'îes, prototype d'un autre projet de FPS littéraire* en développement: le Journal du brise-lames (bourse DICRéAM 2014).

Le texte lu par Juliette Mézenc et les images produites en temps réel par le jeu vidéo, dans lequel Stéphane Gantelet navigue, entrent en dialogue. Il s'agit ici de suivre un personnage qui débarque puis dérive sur le brise-lames de Sète.

*FPS littéraire : le lecteur évolue en caméra subjective dans un environnement virtuel où lire/voyager fait gagner des points de vie.

Quand ? 19H30

Où ? La Fenêtre

27 rue Frédéric Peyson

34000 Montpellier

(T1 et T2, arrêt Gare)

Comment ? entrée libre, bar payant

Résa ? contact@la-fenetre.com

Info ? 06.73.03.16.61, laambigue@gmail.com

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169 - quitter l'atelier ------------------------------------------------

Publié le 28 Mai 2015 par Stéphane Gantelet

Il est bien de partir j'ai découvert. C'est au moins aussi bon qu'écrire. Il est tard, la journée a été compliqué mais je tapote dans le noir sur mon android. C'est bien parce que c'est bon, non ? J'ai quitté l'atelier, j'ai quitté mon ordi, j'ai quitté Sète pour Venise pendant une semaine. J'ai été à la rencontre des pavillons de la biennale. Ce qui est bien avec l'Italie c'est que en s'y rendant on oubli où on à prévu d'aller. Il faut dire que j'y suis déjà. Je suis déjà en état de voyage à l'idée d'aller en Italie. Dans un état qui n'est plus celui de l'atelier, dans cet état que l'on rêve rencontrer avant de partir même s'il n'est pas précisément défini. Un état qui n'a plus rien à voir avec la vie quotidienne et qui laisse entrevoir d'autres possibles : des fantasmes, des chimères, peu importe. Pourtant le quotidien ne m'ennuie pas, tout au contraire, les journées me semblent souvent trop courtes, passer trop rapidement. Mais l'Italie, comme disait une réclame pour une console de jeu vidéo, c'est plus fort que toi. Alors oui j'ai vu les giardini et l'arsenal, je sais me défendre, garder au fin fond d'une mémoire morte archaïque une instruction liée à mon objectif, mais Venise à pris le contrôle avant même que je ne la voie. En montant dans le vaporetto à la sortie de l'aéroport ça à commencé. Le bateau c'est engagé dans un long chenal dessiné dans la lagune par d'énormes troncs de bois plantés à intervalles réguliers. Une pulsation bien vite est montée au rythme des taxis en bois laqué. Les globules d'un organisme ancien. C'est ça, ce chenal c'est l'aorte, et debout sur le pont du vaporetto l'air sillonne dedans, à l'état gazeux. J'assure l'échange je me dit, globule moi aussi. Alors oui j'oublie où je veux aller a Venise car je change d'état. Je pars pas que pour ça, que pour changer d'état, mais ça parce que je pars. C'est bien de partir.

Installation "Révolutions" de Celeste Bousier-Mougenot au pavillon Français dans les giardinis de la biennale d'art contemporain de Venise. Mai 2015.

Installation "Révolutions" de Celeste Bousier-Mougenot au pavillon Français dans les giardinis de la biennale d'art contemporain de Venise. Mai 2015.

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